Belgique : La Faïencerie Hubert Bequet

La Belgique et la Céramique : un éclat de couleur dans le Borinage
Au cœur du Borinage, région façonnée par les terrils et les silhouettes des anciens charbonnages, une autre forme de feu a longtemps brillé : celui des fours de céramique.Parmi ces ateliers, un nom s’est imposé comme une signature lumineuse, presque flamboyante : Hubert Bequet.
Là où d’autres façonnaient des objets utilitaires, Bequet a choisi la voie du décoratif, du spectaculaire, du brillant.
Ses pièces, éclatantes de couleurs et de dorures, ont illuminé les intérieurs belges pendant plus d’un demi‑siècle.
Aujourd’hui encore, elles continuent de voyager de collection en collection, comme autant de fragments d’un patrimoine artistique profondément ancré dans la mémoire du Borinage.
1. Les débuts d’un jeune faïencier passionné
Hubert Bequet naît en 1912 à Quaregnon, une commune où la faïence est presque un langage local...
Très tôt, il entre comme ouvrier à la Faïencerie de Wasmuël, un lieu où l’on apprend à écouter la matière : la terre, l’émail, le feu.
Le jeune Bequet observe, apprend, expérimente. Le soir, il suit des cours de dessin et de peinture à l’École des Arts et Métiers de Saint‑Ghislain.
Le jour, il manipule les pièces, les pigments, les pinceaux.
Peu à peu, il comprend qu’il ne veut pas seulement décorer des objets : il veut créer un univers.
En 1934, à seulement 22 ans, il franchit le pas et il ouvre sa propre faïencerie, dans sa ville natale.
Un atelier modeste, mais une ambition immense.
2. L’ascension d’une maison belge emblématique
Les premières années sont celles de l’expérimentation. Bequet cherche son style, teste des formes, ose des couleurs.Puis, après la Seconde Guerre mondiale, tout s’accélère.
La Belgique se reconstruit, les intérieurs se réinventent, et les pièces Bequet trouvent leur place dans les salons, les vitrines, les buffets.
Dans les années 1950 et 1960, la faïencerie connaît un véritable âge d’or :
- plus de 150 employés,
- une production qui s’exporte jusqu’en Amérique du Nord,
- des catalogues qui s’épaississent,
- des modèles qui se multiplient.
L’atelier de Quaregnon devient une ruche.
On y entend le bruit des moules qu’on ouvre, des pinceaux qu’on rince, des fours qu’on charge.
Chaque pièce passe entre plusieurs mains, chacune ajoutant sa touche, son geste, son savoir-faire.
3. Un style reconnaissable entre mille
Si les pièces Bequet sont aujourd’hui si recherchées, c’est parce qu’elles possèdent une identité forte, presque théâtrale.Des couleurs qui vibrent
Bleus profonds, verts émeraude, rouges flamboyants…
Les émaux semblent parfois liquides, parfois métalliques, toujours intenses.
La dorure comme signature
Bequet n’a jamais eu peur du brillant.
Ses dorures, appliquées à la main, donnent aux pièces un éclat presque baroque.
Un vase Bequet, c’est un objet qui attire l’œil, qui capte la lumière, qui assume sa présence.
Des formes élégantes et expressives
Vases élancés, coupes ondulées, statuettes animalières…
Les formes sont souvent généreuses, parfois audacieuses, toujours décoratives.
Des motifs inspirés de la nature : Fleurs, oiseaux, poissons, feuillages…
La nature est omniprésente, stylisée, magnifiée.
Chaque pièce raconte quelque chose : un mouvement, une couleur, une émotion.
4. Les marquages : la mémoire des objets
Pour les collectionneurs, les signatures Bequet sont de précieux indices.On rencontre notamment :
- “H. Bequet – Quaregnon – Made in Belgium”,
- “ Belgique” + numéro de modèle "
- des étiquettes papier pour les pièces destinées à l’export.
Ces marquages permettent de retracer l’histoire d’un objet, de comprendre sa période, parfois même son usage.
5. Le déclin : quand les goûts changent
À partir des années 1970, les modes évoluent.Les intérieurs se font plus sobres, les dorures moins recherchées.
La concurrence internationale, elle, devient féroce.
En 1978, la faïencerie est rachetée par JEMA (Maastricht).
La production ralentit, puis s’arrête en 1982.
Hubert Bequet, fidèle à son art, continue encore quelques années dans un petit atelier, La Faïencerie du Borinage, avant de fermer définitivement en 1985.
C’est la fin d’une époque,mais pas la fin de l’histoire.
6. L’héritage Bequet : un patrimoine vivant
Aujourd’hui, les pièces Bequet connaissent un regain d’intérêt.Les collectionneurs apprécient :
- leur style unique,
- leur qualité d’exécution,
- leur variété,
- leur valeur patrimoniale.
Certaines pièces, notamment les grands vases dorés ou les statuettes animalières, atteignent des prix élevés dans les ventes spécialisées.
Mais au-delà de la valeur marchande, les objets Bequet sont des témoins :
-témoins d’un savoir-faire belge,
-témoins d’une époque où la couleur et la lumière s’invitaient dans les maisons,
-témoins d’un artisan qui a su transformer la faïence en poésie.
Un éclat qui ne s’éteint pas
La Faïencerie Hubert Bequet n’est plus, mais son héritage continue de briller.Chaque vase, chaque coupe, chaque statuette porte en elle un fragment de l’histoire du Borinage, une étincelle de l’audace d’Hubert Bequet, un éclat de cette faïence belge qui a su traverser les décennies.
Posséder une pièce Bequet, c’est posséder un morceau de lumière.
Et cette lumière, elle, ne s’éteint jamais.
enjoy :)
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