Auguste Robert Kaufmann et le Posographe : l’ingéniosité mécanique au service de la photographie

Concours Lépine : une récompense pour Robert Kaufmann
Ce " posographe ", inventé par Auguste Robert Kaufmann est un petit appareil de poche, conçu en métal, il se compose de deux panneaux émaillés imprimés, l’un pour les scènes "en intérieur", l’autre pour les prises "en extérieur".
Le principe est simple en apparence mais redoutablement efficace : "six curseurs latéraux" permettent de renseigner les différentes variables qui influencent la lumière, et un "septième curseur central" donne le temps de pose correspondant sur une "échelle allant de 1/1000 seconde à 12 secondes".
In Fine, c'est un outil à la croisée de la photographie et de la mécanique ...Auguste Robert Kaufmann: un inventeur discret mais marquant
"Auguste Robert Kaufmann" naît à Paris le "2 octobre 1885".
Cet inventeur français, aujourd’hui largement oublié du grand public, a pourtant joué un rôle important dans l’histoire de la photographie grâce à une invention aussi astucieuse que novatrice : "le Posographe".
Enregistrée par "brevet le 8 octobre 1921", cette invention visait à résoudre un problème fondamental pour les photographes de l’époque : "déterminer avec précision le temps de pose en fonction des conditions de prise de vue".
Alors que les cellules photoélectriques n’étaient pas encore disponibles, Kaufmann imagine un calculateur mécanique permettant d’évaluer l’exposition idéale à la lumière.
Il décède prématurément dans un "accident de voiture à Montargis le 11 novembre 1927", mais son héritage reste, incarné dans cette machine remarquable.
Le Posographe : un calculateur mécanique avant l’heure
Le Posographe est un appareil astucieux de calcul de temps de pose inventé par Auguste Robert Kaufman et breveté en 1922, avant l’invention des cellules-posemètres.On peut donc considérer qu’il fait partie de la famille des ordinateurs mécaniques primitifs initiée notamment par Pascal, Jacquard ou Babbage…
C’est en quelque sorte une version plus détaillée et interactive de la règle que l’on retrouve au dos de certains appareils et à l’intérieur des cartons d’emballage de pellicules sous forme de tableaux avec quelques situations de luminosité courantes.
L’objet plat et rectangulaire présente deux faces imprimées d’un ensemble de paramètres, une face dédiée aux scènes d’intérieur, l’autre aux scènes d’extérieur.
À l’intérieur, le Posographe renferme un "mécanisme de leviers et de bielles plats en métal", reliés de manière à matérialiser géométriquement les liens logiques entre les paramètres renseignés. Chaque curseur agit sur ces bielles, qui glissent les unes sur les autres, modifiant ainsi la position du curseur principal indiquant le temps d’exposition.
Six curseurs index disposés sur son pourtour permettent de sélectionner les différents paramètres, un septième donne comme résultat du calcul un temps d’exposition.
Ces curseurs sont reliés en interne à une série de bielles plates interconnectées de manière à établir géométriquement un rapport logique.
Ce système n’est pas sans rappeler les "abaques" utilisés dans les laboratoires scientifiques ou l’industrie, où plusieurs variables doivent être combinées sans qu’une formule unique puisse les relier simplement.
Le Posographe transforme donc "l’analyse qualitative de la lumière en un résultat chiffré fiable".
Il est extraordinairement remarquable de constater que les dimensions, dispositions et articulations des bielles les unes avec les autres matérialisent mécaniquement la logique et l’influence de chaque paramètre dans la valeur d’exposition finale.Une invention qui a marqué son époque et le monde de la Photographie !
1- Mécanique intelligente et articulation des paramètres avec des paramètres précis pour une exposition maîtrisée.En extérieur, les curseurs tiennent compte de :
- Le mois de l’année
- L’heure solaire
- Le type de sujet
- Le diaphragme utilisé
- L’état du ciel (ensoleillé, nuageux…)
- La teinte et l’éclairage du sujet
En intérieur, sont considérés :
- La couleur des murs
- La couleur des sols
- La lumière extérieure disponible
- Le diaphragme
- La quantité de ciel visible depuis la position du sujet
- La position du sujet par rapport aux fenêtres
Et pour les émulsions :
Le dernier curseur, celui qui indique le "temps de pose final", comprend "quatre flèches-index" correspondant à différents niveaux de "sensibilité photographique exprimés en degrés H&D" (Hurter & Driffield), système utilisé avant les normes ISO :
- 50° H&D : rapidité moyenne
- 150° H&D : extra rapide
- 350° H&D : ultra rapide
- 600° H&D : sensibilité extrême
Une mention spéciale est faite pour les "plaques Autochrome", pour lesquelles il est recommandé de multiplier le temps par soixante, ou simplement de lire les secondes comme des "minutes".
2- Une invention primée et produite durant plus d’une décennie
Le "succès" du Posographe est immédiat. Il reçoit notamment une "médaille d’argent à l’Exposition internationale de Turin en 1923", récompense prestigieuse à l’époque. Sa production se poursuit jusqu’au début des "années 1930", moment où les premiers "posemètres électroniques" commencent à apparaître sur le marché et à le remplacer progressivement.
3- Un outil pédagogique et accessible
Le Posographe n’est pas seulement utile ; il est aussi "intuitif", "instructif", et pousse le photographe à "analyser la lumière". À une époque où tout se fait de manière manuelle, il permet de "comprendre" les effets de l’environnement sur la photographie. L’objet devient ainsi un "outil pédagogique" remarquable, bien avant l’avènement des automatismes.
4- Héritage et valeur actuelle
Aujourd’hui, le Posographe est considéré comme un "objet de collection", recherché par les amateurs de "photographie ancienne" et les passionnés "d’instruments scientifiques". Il s’inscrit dans la lignée des "ordinateurs mécaniques primitifs", comme ceux de "Pascal, Jacquard ou Babbage", traduisant des équations complexes en mouvements mécaniques simples.
Ce petit outil continue de fasciner par sa "précision", son "design ingénieux", et sa "philosophie" : "comprendre pour mieux créer", observer avant de déclencher.
Kaufmann, un esprit inventif au-delà du Posographe
Si le Posographe reste l’œuvre phare de Kaufmann, il ne fut pas sa seule invention.
Il avait également conçu un "accordeur pour violons", moins connu et sans postérité marquante.
Cela montre cependant la "diversité de ses intérêts" : de la lumière à la musique, Kaufmann cherchait à "traduire les phénomènes sensibles en solutions mécaniques accessibles".
Enfin et pour terminer, le "Posographe d’Auguste Robert Kaufmann" incarne une époque de "transition technologique", où l’"ingéniosité mécanique" palliait l’absence d’électronique.C’est aussi une "leçon de photographie" à part entière : avant de capturer une image, il faut "comprendre la lumière, le lieu, et le sujet".
Auguste Robert Kaufmann n’était peut-être pas un nom destiné à la postérité. mais par la pertinence et la beauté fonctionnelle de son invention, il a su laisser une "trace indélébile dans l’histoire de la photographie"...
enjoy :)
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